Saison du Coeur

Au cœur de ma saison une brèche s’est ouverte,

Un accord de piano a vibré sur ses cordes,

Requiem automnal sur des notes monocordes,

Coulant sans s’arrêter comme une plaie ouverte…

 

Abandonner, s’abandonner, tout redonner;

Ne plus être qu’une pâle coquille évidée,

Du temps et des aberrantes saisons passées,

À chercher au dehors de sa réalité…

 

À ma douleur portera la consolation,

Sur les ailes géantes de la résilience,

Au-dessus des noirs univers de la souffrance,

Aussi incompréhensible que l’abandon…

 

Dans ma maison, le temps se fera plus clément,

Où les heures, une à une, passeront doucement,

Dans ma tête égrugée par tous ces lourds ramages,

En se faisant silence comme avant les orages…

 

Dans ce grand silencieux se fera la lumière,

Comme saison nouvelle, comme saison première,

Au jardin de l’Eden près de l’Arbre de Vie,

Où jadis un enfant vit notre galaxie…!

 

 

Manouchka ©

ÉCLOSION …!

 

Mère Lune pleure ses Étoiles…affanoso

Sa musique s’est tue, comme en hiver le ruisseau…

Elle continue de danser et chanter… a capella,

Priant pour retrouver le rythme de son pas…

 

Mais l’encre se vide de l’encrier meurtri,

Devant le combat de la mémoire et l’oubli…

Occultant sombre secret sous son corps blanc;

Page blanche où les pieds de vers demeurent absents…

 

Mourant de soif, l’encrier tendait vers sa fin !

Survint un doux présent déposé à l’écrin…

L’Oiseau a porté le Vertige jusqu’à mon âme,

Ailes de Géant, portant couronne; noble flamme…

 

Près de votre encrier, désormais je m’endors,

Ma tête repose au pied de sa Plume d’Or…

 
Manouchka ©